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L'HISTOIRE DU BURKINA FASO

L’Histoire DU BURKINA FASO La préhistoire et ses prolongements dans les temps historiques Présentation Plusieurs découvertes de preuves de culture matérielle ont été faites à travers le pays, mais elles ne sont pas toutes datées avec précisions, et les prospections sont encore très limitées à travers le territoire. Il y a 12 000 à 5 000 ans BP, vivaient des chasseurs cueilleurs au Nord Ouest du Burkina Faso ; des outils très anciens composés de racloirs, de grattoirs, de pointes et de burins, découverts en 1973 par A. BASSEY sur le site du RIM, attestent de cette existence assez reculée. Vers 3 600 et 2 600 BP, les ancêtres connus des burkinabè se sédentarisent. Il s’agirait des hommes du néolithique qui commencent à pratiquer l’agriculture. Des traces de construction sur le sol suggère une implantation plus ou moins longue. Entre 1 500 et 1 000 BP, les ancêtres connus des burkinbè amorcent leur révolution spirituelle et technologique : des témoignages de préoccupations spirituelles apparaissent à travers des restes d’inhumations auxquelles sont associés des objets en pierre polie. Ces hommes utilisaient des objets en fer et de la céramique en guise d’ustensil. D’autres régions du Burkina Faso ont livré des traces de cultures humaines : site de Sindou au sud-ouest et de la mare d’Oursi dans le nord. Au tout début du premier millénaire s’amorce la phase de transition vers le temps historiques, où l’on situe les peuples actuels du pays. Dans la région du centre-nord du nord et du nord-ouest de nombreux vestiges découvertes sont attribués aux Dogons qui ont quitté la région entre le XV et XVI siècle de notre ère pour se regrouper dans les falaises de Bandiagara où ils constituent une communauté très connue des historiens. Des restes de murailles sont localisées dans le Sud-Ouest du Burkina (Loropéni, Gaoua) et en Côte d'Ivoire. Depuis le début du siècle, des spéculations sont faites autour des éventuels propriétaires de ruines qui furent identifiés tour à tour comme étant des population étrangères au continent : arabes, Phéniciens, Egyptiens, Hollandais, Portugais ; ensuite aux koulango qui ont précédés les Gan et les Lobi-Dagara, dans la région. Les dernières hypothèses attribuent aux Lobi, la paternité des ruines. Mais les techniques utilisées et les datations n’autorisent pas des conclusions définitives. Métallurgie ancienne du fer. Kiene, dans la région de Bobo Dioulasso, à l'Ouest du Burkina Faso. Fourneau (photo Laboratoire d'Archéologie. J B Kiethéga) Métallurgie ancienne du fer. Haut fourneau Kain au Nord du Yatenga Jarre d'inhumation dans la région de Gandafabou , département de Déou dans l'Oudalan.Xe au XIIe siècle Haches Polies de la région de Gandafabou, département de Déou dans l'Oudalan Au nord région qui s'étend du sud d'Arbinda avec le Mali et le Niger actuels. Traces d'occupation datée du Paléolithique Moyen. Figure un Contenu à Dos abattu sans cortex et entièrement retouché Il dégage en sa partie proximale un pédoncule de préhension d'emmanchement Sud-Est du Burkina Yobri Lamelle retouchée (industrie Lithique) Région jadis habitée par les Tankamba.Aujourd'hui établie au nord du BENIN Région sud-Ouest et ouest du Burkina (Kwé Kwé Ra) Pointe de Kwé Kwé Ra non datée L’histoire précoloniale [La période des anciens] [La phase d’émergence de systèmes sociaux à formations politiques étatiques] La période des anciens Cette période est historiquement nébuleuse, parce que les données connues sont parcellaires et rares, et aussi parcequ'elles n’ont pas fait l’objet de preuves écrites contemporaines. Elle s’étale de la fin de la préhistoire jusqu’au XIIè siècle. Mais, c’est pendant cette période que se sont développées les cultures matérielles, preuves d’une civilisation élaborée que l’on attribue à des groupes qualifiés d’anciens à cause de leur fixation très ancienne par rapport aux peuples actuels. De plus, l’examen pointu des traditions orales permettent de distinguer, selon l’antériorité de la fixation, des peuples qui se sont établis avant le XIIè siècle. Il s’agit de sédentaires et de pasteurs qui étaient organisés en système sociaux autonomes. Leur tradition ne leur reconnaît pas la création de grands ensembles, mais leur attribue des origines et/ou suggère parfois leur provenance. Selon la répartition géographique on trouve : • A l’Ouest, les Bobos qui seraient arrivés par vagues successives entre le X et le XII siècle. Leurs foyers originels se situeraient aux confins du Mali actuel et / ou de la Guinée actuelle. Ils sont apparentés aux Bwaba, souvent par les patronimes et partagent aussi parfois les mêmes traditions orales. • Plus à l’Ouest, il y a les Sénoufos que l’on trouve de part et d’autres, dans les régions du Mali et de la Côté d’Ivoire actuelle. • Au centre : il y a des peuplements très anciens constitués de Nonyoosé ou Nioniossé, les Ninsi qui très tôt ont perdu leur véritable autonomie d’organisation; Ils seraient apparentés aux Samo. Des groupes sociaux ont gardé leur autonomie d’organisation jusqu’à la veille de la colonisation : • Il s'agit des différentes composantes sociales appelées Gourounsi. On les trouve également au Centre Ouest et au Sud : Lyélà, Ko, Kassena, Nakana, Puguli, Kussace, Nuna, Sissala. Ces deux dernières composantes sont beaucoup plus représentées au Ghana actuel. • Au Centre–Est et au Sud se trouve les Bissa ou Boussancé d'origine mandé. • Au Nord-Ouest : les Dogons qui constituaient un des peuples les plus anciennement connus. Ce peuple a fait l’objet et d’une forte migration à partir du XII siècle et se sont réfugiés, en grandes parties dans les falaises de Bandiagara (Mali actuel). Dans cette région, on distingue également les Kurumba comme ancien peuplement. Ces groupes se distinguaient par des langues spécifiques ; leurs rapports avec les divinités de la nature étaient très vivaces. Nombre d’entre eux avaient un esprit très indépendant. Ils ne vivaient pas totalement en autarcie, leurs territoires étaient traversés par des routes commerciales qui mettaient les populations en relation. Certaines ont créé des relations de parentée à plaisanterie connue chez les Gourounssi et les Bissa. Des échanges basés notamment sur les animaux, les céréales, l’or, les épices et les étoffes étaient pratiqués. La phase d’émergence de systèmes sociaux à formation politiques étatique Elle s'étale du XII au XVIIè siècle. Ce fut une période de grandes migrations, et surtout de bouleversement politiques sur lesquels se fondent les traditions majeures actuelles. Les Moosé ou Mossi Nous avons des traces écrites sur l’histoire des moosé grâce aux sources Arabes : Ta'rikh-al sûdãn et Ta’rîh-al fattãsh. Ils nous renseignent sur des groupes mosse qui au XIIIè siècle ne s’étaient pas encore fixé sur le territoire actuel du Burkina Faso, et par conséquence, il ne s’agissait pas encore des formations étatiques actuels. Mais ces phases furent décisives dans la formation des royaumes moosé à cause de la nature guerrière et conquérante des moosé décrits dans les ta’rik. Certaines traditions font remonter l’histoire des entités moosé actuelles au XIIè siècle, mais les travaux des historiens situent cette histoire au XVè siècle. Entre le XV è et le XVIIè siècle les conquérants moosé dont la dernière origine connue se situe dans l’actuel Ghana, créérent des royaumes solides et historiquement établis. OUEDRAOGO (qui veut dire Etalon), fils de Yennega constitue un symbole et toute l’histoire de la génèse des royaume mossi actuel. Cet ancêtre des moosé serait le fruit de l’alliance entre Yennega, la princesse guerrière du Dagomba et de Rialé un prince d’origine mandé venu au secours de yennega dont le cheval s’était emballé. Le fruit de leur alliance donna Ouédraogo en témoignage de l’étalon qui avait conduit Yennega vers Rialé. OUEDRAOGO règna sur Tenkodogo, le plus ancien des royaumes établis au Burkina actuel. Zoungrana consolida ce royaume. Wubri, dans la lignée fut le plus grand conquérant: il constitua le royaume le plus central, Ouagadougou . Progressivement, les moosé occupent toute la zone centrale de l’actuelle Burkina Faso soumettent et/ou assimilent les peuples qui y vivaient. La limite occidentale du territoire moosé se fixe jusque dans les bordures du Mouhoun actuel (ancienne Volta noire). La progression s'est poursuivie jusqu’au Nord où fut fondé le Yatenga. Les frontières du moogho se stabilisent alors vers le XVIIè siècle jusqu’à la veille de la colonisation française. Les Gulmanceba ou gourmantché Plus à l’Est, entre le XVè et le XVIè siècle, les royaumes Gulmanceba ou gourmantché se développèrent avec l’arrivée des conquérants appelés Burcimba qui imposèrent progressivement un type de pouvoir centralisé aux anciens occupant appélés tindano. A l’opposé des moosé qui imposèrent leur langue aux anciens occupants, les conquérants Burcimba adoptèrent la langue de leurs prédécesseurs. Dans cette zone vivaient également les Tankamba établis aujourd'hui au Nord du Bénin. L’ancêtre mythique le plus connu des gulmanceba est Jaba Lompo que certains historiens rattachent à la lignée des conquérants mossé. Progressivement, les gulmanceba occupent l’Est du Burkina actuel soit une (1) superficie de 50 000 km2. On les retrouve également dans l’actuel Niger et au Bénin. Les Fulsé, les Marka ou Dafing, les Yarcés, les Bobo-Diula, les Diula Du XVè au XVIè siècle toujours arrivent d’autres batisseurs d’Etat et de villes : les Fulsé, les Marka ou Dafing, les Yarcés, les Bobo-Diula, les Diula. Ces trois derniers groupes sont de grands batisseurs de villes et structurent le commerce en diffusant parfois l'Islam. Au Nord, domaine du sahel, les Fulfuldé (Peuls), créent des principautés : Royaume du Djelgodji.On trouve aussi les Sonrhaï. Certains forment des colonies de peuplement en Pays moosé où onleur atttribue le nom de Maranse. Les dernières vagues Entre le XVIII et le XIXè sècle, la mise en place des peuples de l’actuel Burkina Faso se poursuit. Mais, il ne s’agit pas d’une phase migratoire caractérisé uniquement par la construction de formation étatique. Dans le Sud-Ouest, les dernières grandes vagues de migrations précoloniales sont constituées par les groupes Lobi-Dagara venant de l'actuel Ghana. Ces groupes sont jaloux de leur organisation sociale non hiérarchisée et réussissent à les préserver jusqu'à la veille de la colonisation. C'est à cette période qu'arrivent également les Gouin et les Turka. Au XVIIIè siècle, les Wattara de Kong (foyer actuellement en Côte d'Ivoire) tentent de fonder le royaume du Gwiriko dans l'Ouest du Burkina. Un royaume plus réduit, le Kénédougou tente de prendre la relève au début du XIXè siècle (1825), mais la résistance des peuples hostiles à la centralisation et surtout la colonisation mirent fin à cette entreprise à la fin du siècle. Synthèse En résumé, la mise en place des peuples du Burkina Faso n’autorise pas une classification à partir des entités administratives créés par la colonisation. Les principaux courants migratoires selon leur dernière étape de transition, viennent essentiellement du Mali actuel, du Ghana actuel et de la Côte d'Ivoire actuelle. Les langues parlées par ces groupes sociaux ne correspondent pas non plus aux origines. Ce qui constituent pour le Burkina Faso, sur le plan des traditions, un exemple de synthèse, et une forte tradition d’intégration, et d’innovation culturelle. La diversité des groupes sociaux est beaucoup plus marquée à l’Ouest et au Sud-Ouest où cohabitent des populations à système social historiquement communautaire, même si on note quelques formations étatiques pendant des périodes historiques courtes. Elles n’ont pas pu se consolider sur la longue durée. Au centre par contre, l’homogéneité était plus prononcée et les systèmes sociaux historiquement plus hiérarchisés, ce qui est essentiellement imputable aux mossé. A proximité d’autres groupes sociaux historiques ont gardé leur autonomie indentitaire, mais ont progressivement adopté le modèle hiérarchisé (Bissa); d’autres par contre y sont restés refractaires (composantes Gourounsi). A l’est également l’homogéneité est prononcé à cause des Gulmancéba qui ont adoptés un système social historiquement hiérarchisé. La période coloniale : 1895 – 1919 [Introduction][Choc colonial l][Constitution et blocage][Traversée du désert][Renaissance et marche vers l'indépendance] Introduction L’histoire de la constitution de la colonie de Haute Volta est indissociable de celle du fonctionnement du gouvernement général de l’AOF. En effet, à la création du gouvernement général de l’AOF en 1895, la majeure partie des peuples de l’actuel Burkina Faso gardait leur souveraineté. Le gouvernement général coordonna la conquête et l’organisation administrative. En 1904, le gouvernement général de l’AOF fut réorganisée et dotée d’un budget autonome. Une réorganisation territoriale fut opérée par la suite, qui aboutit à la création d’une vaste colonie appelée Haut-Sénégal et Niger, au sein de laquelle fut intégrée la zone de l’actuel Burkina Faso. Pendant la Première Guerre Mondiale, de nombreuses révoltes éclatèrent ça et là, notamment autour de la boucle du Mouhoun, (ancienne Volta Blanche). Les plus mémorables se déroulèrent en 1915 – 1916. L’histoire coloniale de l’actuel Burkina Faso n’est pas dissociable de celle des pays qui ont subi la domination Européenne du XIXè – XXè siècle, toutefois, on peut relever des spécificités qui donnent une certaine originalité à cette histoire. Le cadre territorial constituant l’actuel Burkina Faso s’est tardivement fixé. Il a fallu attendre 1947 pour que les incertitudes prennent fin. Cela a eu des conséquences sur son évolution politique et économique. Sur le plan politique, l’évolution de la Haute-Volta resta liée aux grandes étapes de l’orientation de la politique coloniale française. L’émergence d’une élite politique dans un cadre organisé moderne se fit après la seconde guerre mondiale à propos des revendications visant la reconstitution du territoire. La vie politique fut très tumultueuse entre 1956 et 1958 ou enfin le RDA s’impose en Haute-Volta. Les grandes étapes chronologiques de l’histoire coloniale du Burkina Faso découlent du repérage des phénomènes et faits donnant une profondeur historique et une signification originale à l’évolution du territoire. Ce repérage tient compte à la fois de la naissance de nouvelles formes de relations avec l’extérieur : défi face à la conquête et à l’occupation ; la nouvelle organisation administrative et surtout territoriale conséquence lointaine de la formation d’une nouvelle nation en construction. Il n'en demeure pas moins que les survivances précoloniales restent fondamentales dans l’affirmation de l’identité nationale, et que pour donner un contenu culturel à la nation, l’héritage précolonial est incontournable. Quatre grandes périodes ont rythmé l’évolution de la Haute Volta coloniale : • le choc colonial, conquêtes et résistances face à l’installation coloniale, (1895 – 1919). • La constitution et le blocage, (1919 – 1932) • La traversée du désert ou le démembrement, (1932 – 1947) • La renaissance et la marche vers l’indépendance (1947 – 1960). Le choc colonial : conquêtes, résistances et installation française. Les explorations furent des signes avant coureurs de la conquête. Dans une première phase, l’obtention des traités de protectorats se fit surtout par la voie diplomatique ou la ruse. Après la conférence de BERLIN, les explorateurs suivants visitèrent la zone de l'actuelle BURKINA: • L’Allemand KRAUSS (1886), suivi du Français Binger en 1888. • Krozat traversa les pays de Haute-Volta en 1890; • Monteil en 1891, l’Anglais Ferguson en 1894. • En 1895, les Français signèrent un traité avec le Yatenga ; • Naba Wobgo de Ouagadougou refusa le traité proposé par DESTENAVE en 1895 . Naba WOBGO de Ouagadougou à la tête de son armée (Photo d'archives) Les officiers Voulet et Chanoine réalisèrent les plus grandes conquêtes dans les pays de Haute-Volta. Ils s’emparèrent de Ouagadougou en 1896 après une résistance de Naba Wobgo, obligé de s’enfuir au Gold Coast. Auparavant la prise sanglante de Boussé en 1895 marquait la phase de réalisation des conquêtes. Les réajustements territoriaux, qui furent opérés par l’administration , suggèrent deux subdivisions pendant cette période : • 1896 – 1904 : les temps forts de la conquête de laquelle résulta la création d’une région militaire à partir de Ouagadougou. La région de Bobo-Dioulasso est prise en 1898. Les résistances furent plus difficiles à circonscrire dans les pays ou l’organisation politique n’était pas hiérarchisée : Samo, Bwaba, Lobi etc.. Par contre les groupes hiérarchisés en proie à des querelles de succession offrirent une faible résistance. Les rivalités Franco-Britaniques à propos des pays de Haute-Volta tournèrent en faveur des Français. Le traité de Paris en 1898 fixa les frontières entre l’actuel Ghana et la Haute-Volta. Ce fut une phase où les pays du Burkina Faso privilégièrent surtout l’affrontement ou l’alliance par stratégie. • 1904 – 1919 : les pays de Haute-Volta furent intégrés dans un vaste ensemble Soudano-Sahélien appelé Haut-Sénégal et Niger englobant, l’actuel Soudan, et l’actuel Burkina Faso. L’installation coloniale ne se fit pas sans heurts car sporadiquement l’administration eut maille à partir avec les populations qui se révoltaient ça et là. Les plus importantes se déroulèrent autour de la boucle du Mouhoun (ancienne Volta-Noire) entre 1915 et 1916. Le 1er mars 1919 la colonie du Haut - Sénégal et Niger fut alors disloquée, et la haute-Volta fut créée en tant que colonie autonome pour faciliter l’administration de la région marquée par une forte densité de la population au centre et des vélleités de révoltes à l’Ouest et au Sud-Ouest. La capitale de l’ancien royaume de Wogdogo (Ouagadougou), fut choisie comme chef lieu de la nouvelle colonie. La Constitution et le blocage (1919 – 1932) Cette période constitue un repère fondamentale. 1919 correspond à la constitution de la Haute-Volta en une entité spécifique, à la tête de laquelle se trouvait un gouverneur. Le premier gouverneur de la Haute-Volta fut Frédéric Charles Edouard Alexis HESLING (1869-1934). Il exercera de mai 1919 à décembre 1927. Son œuvre fut marquée par la consolidation de l’ossature administrative et la mise en valeur coloniale de façon volontariste. La colonie de Haute-Volta regroupait les cercles suivant : Bobo-Dioulasso, Gaou, Dédougou, Dori, Fada N’Gourma, Say (rattaché au Niger en 1927) et Ouagadougou. A une période où la mécanisation était peu développée, la concentration humaine en Haute-Volta (3 millions d’habitants) constituait un atoût pour l’exploitation des potentialités encore très peu connues. Ce fut une période marquée par l’intensification du travail forcé pour la réalisation des différents équipements et infrastructures : construction des bâtiments administratifs, écoles, formations sanitaires. Le réseau routier passa de 3 000 à 6 000 km. Il visait l’évacuation des produits agricoles. L’accent fut mis sur la culture du coton par l’institution de champs collectifs obligatoires dans les villages. Par arrêté du 4 décembre 1926 deux villes furent érigés en commune Bobo-Dioulasso et Ouagadougou. Toutefois, cette politique volontariste eut des conséquences difficiles pour les populations : forte imposition, recrudescence du travail forcé desquelles résultèrent une forte migration vers la Gold Coast et une paupérisation de la population. Les germes d’un proto-nationalisme centré sur le cadre territorial actuel puisent, en partie, ses racines de cette période. Car le combat pacifique qui fut mené plus tard, outre les références à l’héritage précolonial, s’appuie sur l’héritage de cette période : négation du martyre subi et des résultats obtenus. En effet, le 5 septembre 1932, un décret fut pris supprimant la colonie de Haute-Volta et la partageant entre la Côte-d’Ivoire, le Soudan et le Niger. La traversée du désert 1932 – 1947 Cette période comporte deux subdivisions : • de 1932 à 1937, la véritable traversée du désert • 1937 – 1947, vers la reconstitution. La première période fut caractérisée par le démentèlement des structures administratives et sociales, le chef-lieu de la colonie perdit de nombreuses prérogatives, dont son statut de commune en 1936. Certains équipements publics furent démentelés : Imprimerie, Ecole Régionale de Ouaga, Trésorerie, etc… Le travail forcé fut poursuivi, en dehors même de la zone de l’ancienne Haute-Volta. Le 13 juillet 1937 un décret fut pris portant création à partir du 1er janvier 1938 d’une région administrative de Haute-Côte d’Ivoire. Elle regroupe les cercles de l’ancienne Haute-Volta rattachée à la Côte d’Ivoire ; Il s’agit des cercles suivants : Ouagadougou, Kaya, Tenkodogo, Koudougou, Gaoua, et Bobo. Cet événement est favorisé par l’arrivée au pouvoir du Front Populaire en France qui se donnait pour objectif d’humaniser la politique coloniale. A la tête de cette région, fut nommé un représentant du gouverneur avec pour résidence Ouagadougou. Cet acte visait à atténuer la suppression de la Haute-Volta. L’effort de guerre, l’idée de la dette des sang, servirent de fondement aux revendications partisant de la reconstitution qui critiquèrent la balkanisation et le délaissement de la Haute-Volta, notamment sa capitale historique : Ouagadougou. Au moment où germèrent les mouvements d’émancipations organisés dans les cadres territoriaux, la Haute-Volta n’existait pas. Ce qui exacerba les frustrations, créant une solidarité entre les ressortissants de l’ancienne Haute-Volta. Il y eut alors une conjonction de points de vue entre les chefs traditionnels, notamment le moro-naba, et l’élite. La renaissance et la marche vers l’indépendance (1947-1960) L’après guerre constitua un tournant dans la vie politique et administrative du monde colonial. Les Africains devinrent des acteurs plus volontaires dans l’histoire de leur territoire. Cette situation s’accompagna d’une émergence du sentiment national dans le cadre des limites territoriales coloniales. La conférence de Brazzaville jeta les bases d’une participation, des africains à l’exercice du pouvoir politique. Les frustrations des voltaïques n’étaient pas seulement d’ordre politique. La spécialisation imposée par le système colonial faisait des voltaïques des sujets de secondes zones. Le sentiment d’être asservi (dans le système colonial) créa un élan de solidarité dans le milieu voltaïque. Les premières protestations officielles vinrent du Moro-Naba Kom II. Il s’agissait des protestations d’un souverain traditionnel pour maintenir l’existence de l’entité territoriale dans le concert du monde colonial. Alliant la tradition et les formes d’organisation moderne, les partisans de la reconstitution formèrent un parti : Union pour la défense des intérêts voltaïques, dont le cheval de batail était la reconstitution de la Haute-Volta. Le contexte politique de l’époque favorisa la reconstitution : avancée du RDA, crainte d’un irrédentisme mossi et alliance avec l’élite politique. Le 04 septembre 1947, fut voté la loi rétablisant la Haute-Volta de ses frontières de 1932. 1947 marque un tournant important dans l’évolution des cercles de Haute-Volta jadis rattachés aux territoires voisins. La reconstitution de la Haute-Volta, en 1947 stabilise les frontières administrative du groupe de l’AOF ; La Haute-Volta évolua dans le cadre de l’Union Française en 1948, elle élit ses conseillers généraux (sorte de parlement local), puis ses députés à l’Assemblée Nationale Française. La liste de l’Union Voltaïque comprenant Henri GUISSOU, OUEDRAOGO Mamadou, NAZI Boni prit le dessus sur la liste du RDA. Le 23 juin 1956 fut voté la loi cadre, politiquement la Haute-Volta pouvait, pour la première fois, disposer d’un conseil de gouvernement élu par son Assemblée territorial. Les membres de ce conseil allait avoir rang de ministre. La gestion des affaires territoriales incombait à ce conseil qui devait choisir un vice président parmi ces membres ; le président était directement nommé par la métropole. Le RDA remportera par une courte majorité les élection du 31 mars 1957. Le 17 mai 1957, Ouezzin COULIBALY forma le premier conseil de gouvernement ; M. Yvon Bourges en fut de facto, le Président. Mais une crise politique éclata le 17 décembre 1957, une motion fut votée par le Groupe de Solidarité Voltaïque contre le gouvernement de Ouezzin COULIBALY. Le MDV de Maurice YAMEOGO rallia la majorité ce qui permit à Maurice YAMEOGO d’accéder au gouvernement. Le 06 septembre 1958, Ouézzin COULIBALY meurt à Paris, et Maurice YAMEOGO, ministre de l’intérieur assurant l’intérim accéda à la plus haute fonction de gouvernement. Les réformes françaises marquent le retour du Général de Gaule au pouvoir et surtout l’avènement de la Vè République.La Haute-Volta adhère à la communauté le 28 septembre 1958. Le transfert de pouvoir s’accéléra, le gouverneur n’était plus Président du Conseil du gouvernement, mais la tutelle du gouvernement français demeurait car son président était à la tête de la communauté. Le 11 décembre 1958, la Haute-Volta obtint le statut de République autonome membre de la communauté. A l’approche des indépendances, la Haute-Volta, prit d’abord position pour un système fédéral ; et adhèra à la Fédération du Mali le 28.janvier 1959 qui comprenait : le Soudan, le Sénégal, le Dahomey. Plus tard, elle se retire pour former, avec la Côte-d’Ivoire, le Niger, et le Dahomey, le Conseil de l’Entente. C’est dans ce cadre que la Haute-Volta signa les accords de transfert de compétence avec la France. Dans l’application du calendrier de la proclamation des indépendances, elle accédait à la souveraineté internationale le 05 août 1960. L'économie de la Haute-Volta à la veille de l'indépendance Elle est restée proche du système traditionnel de production, mais intégré à l’économie mondiale. L’agriculture de subsistance occupait la majorité des populations. Les principaux produits commercialisés provenaient des champs de cultures traditionnels, notamment le coton qui fit l’objet de culture forcé pendant l’époque du gouverneur Hesling. L’élevage constituait une richesse importante. Les peaux faisaient l’objet d’exportation vers l’Europe. L’encadrement pour accroître la production existait, mais était limitée dans ses résultats et son envergure. La SIP (Société Indigène de Prévoyance) en était la structure d’exécution. Jusqu’en 1946, la contrainte constitua le facteur décisif dans la participation des voltaïques à l’économie coloniale. Depuis la crise de 1929, le dirigisme de l’Etat s’était renforcé. Cela précisa la division du travail dans la zone Ouest Africaine. L’immense partie de l’actuel Burkina faso devint pourvoyeuse de main-d’œuvre de gré ou de force. La faiblesse de création du travail salarié dans un système social où l’argent était devenu indispensable pour payer l’impôt, racheter les prestations, acquérir des biens de consommation etc…, provoquait des mouvements de population. L’après guerre constitua un tournant dans les méthodes institutionnelles de l’administration coloniale. Cependant, en dépit du desserrement de l’état administratif et de son cortège d’arbitraire, cette période n’en constitua pas moins une consolidation du système économique d’antan. Le métropole s’efforça de tenir compte de l’évolution des idées internationales : il fallait moderniser et insuffler un développement économique et social. Il en résulta la création de grands fonds publics, dont le plus important était le FIDES (Fonds d’Investissement pour le Développement Economique et Social). Le FIDES devait intervenir dans le cadre des plans. Durant la période de planification, le FIDES mit l’accent sur l’infrastructure, condition nécessaire à l’écoulement de la production. Le chemin de fer, arrêté à Bobo-Dioulasso en 1934, fut poursuivi. Il atteignit Ouagadougou en 1954. Et prit le sobriquet d’ épine dorsale de la Haute-Volta. La seconde priorité fut l’appui à la production notamment le secteur agro-pastoral grâce aux crédits octroyés pour le développement de la riziculture et les centres de vaccination de bétail. La promotion du coton fut attribué à la CFDT (Compagnie française pour le développement textile). La troisième priorité fut accordéé à la réalisation des équipements sociaux (collèges, école primaires, hôpitaux dispensaires etc…). L’urbanisme fut pris en compte. La nature de certains investissements favorisèrent l’implantation de certaines infrastructures en ville où le travail salarié était plus développé. L’industrie ne constitue pas une priorité. On notait toutefois l’existence de quelques industries de transformations pour répondre aux besoins locaux ou pour exporter des produits semi-finis (coton). Dans les années 50, on notait l’existence des industries suivantes : CITEC (Comptoir des Industries Textiles et Cotonnières), SACACO (Société d’Exploitation des Carburants Coloniaux), CFDT. Les tentatives intérieures, pour renforcer cette industrie embryonnaire, se heurtèrent au manque de capitaux. Le commerce était relativement important par rapport au secteur industriel, mais à peine 6% de la production était exportée. La modernisation n’avait pas apporté des changements substanciels au niveau de la structure du commerce, par rapport à la période précédante. Les principaux produits exportés par ordre d’importance : les animaux vivants, plus de la moitié des exportations dans les années 50 ; l’arachide, les amendes de karité et leur dérivé ; le coton et quelques minerais. En tournage, les produits exportés représentaient le double des produits d’importation, 30.000 tonnes contre 16.000 tonnes, mais en valeur monétaire, le rapport était inversé. Si 71% des importations étaient dues à la zone franc, notamment la France grosse part des exportations se faisait en dehors de cette zone. La fin des années 50 fut marquée par une période d’incertitudes, de reflux des capitaux publics mais aussi d’ouverture du marché aux autres Etats d’Europe (CEE) (Communauté Economique Européenne) qui résultait de la signature du traité de Rome par la France en 1957. En 1959, la politique d’austérité budgétaire entra dans les préoccupations des gouvernants ; en effet lors de l’adoption du Budget 1960, il fut décidé que la Haute-Volta entrerait dans une politique d’austérité jusqu’au moment où d’un commun accord, l’Assemblée National et le Président du Conseil, jugeraient que la situation financière de la Haute-Volta est devenue aisée. La période post - coloniale : 1960 - 1998 [La Ière République][Les années Lamizana 1966-1980][Le Comité Millitaire de Redressement pour le Progrès National 1980-1982][Conseil du Salut du Peuple 1982 - 1983][Conseil National de la Révolution 1983 - 1987][Le Front Populaire et la marche vers la Démocratie :1987-1991] La Ière République L'année 1960 marque une étape décisive dans l'histoire de la Haute-Volta, (Aujourd'hui Burkina Faso) de même que celle de la plupart des anciennes possessions françaises d'Afrique. L'accession de ces pays à la souveraineté nationale est l'aboutissement d'un processus politique amorcé une dizaine d'années plus tôt et institué par la Constitution de 1958 qui les fait passer du statut de colonies à celui d'Etats membres de la Communauté franco-africaine. Le transfert de compétences de l'Etat français à l'Etat voltaïque a lieu le 11 juillet 1960, en concertation avec les autres membres du Conseil de l'Entente. Maurice Yaméogo préside alors aux destinées de la Haute-Volta. Le 5 août 1960, l'indépendance de la Haute-Volta est proclamée et dès le 20 septembre, le jeune Etat est admis aux Nations Unies. Feu Maurice Yaméogo premier président du Burkina L'indépendance ne constitue pas une rupture brutale avec l'ancienne puissance coloniale. Elle est accompagnée par des accords de coopérations signés le 24 avril 1961 dont la particularité réside dans le fait que, sur le plan militaire, la Haute-Volta refuse l'installation de bases françaises sur son territoire. Pour le jeune Etat, cette période est marquée par la recherche d'un équilibre sur le plan diplomatique, économique et politique. En janvier 1962, la Haute-Volta adhère au groupe de Monrovia qui rassemble les pays modérés, mais maintient des relations avec le groupe panafricaniste. Elle avait même décidé, en juin 1961, de supprimer ses barrières douanières avec le Ghana. En 1962, la Haute-Volta prend part à la constitution de l'Union Monétaire Ouest-Africaine (UMOA) et le 26 mai 1963 elle participe à Addis-Abéba, en Ethiopie, à la création de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA). Sur le plan intérieur, la politique administrative est confrontée à l'épineuse question de conciliation entre le pouvoir traditionnel et le pouvoir moderne. Finalement, la première République va ôter aux chefs traditionnels les nombreuses prérogatives qui leur ont été accordées pendant la période coloniale. Par ailleurs, le pouvoir personnel du Chef de l'Etat, favorisé par l'instauration du système du parti unique avec l'Union Démocratique Voltaïque, section locale du Rassemblement Démocratique Africain (UDV-RDA), ne laisse aucun espace de liberté aux opposants, souvent emprisonnés. Une loi du 24 avril limite même les libertés syndicales et le droit de grève. C'est dans ce climat que le Président , candidat unique aux scrutins du 3 octobre 1965 , est élu avec 99,98 % des suffrages exprimés. Sur le plan financier, l'euphorie de l'indépendance a fait perdre de vue les mises en garde sur la politique d'autorité prônée dès 1959, d'autant plus que les mauvais rapports avec la France ont eu pour conséquence une réduction de ses subventions. Confronté à la pénurie des caisses publiques, due pour l'essentiel à la gabegie du Chef de l'Etat, le gouvernement décide d'appliquer un train de mesures drastiques dont le clou est la réduction de 20% de la masse salariale. C'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Le ler janvier 1966, les syndicalistes décident de déclencher une grève qui mènera à la révolte. L'état d'urgence est décrété, mais l'agitation se poursuit et culmine par une marche populaire le 3 janvier. Le président est contraint de démissionner et, à la demande des manifestants, "le militaire le plus ancien dans le grade plus élevé " prend le pouvoir: il s'agit du commandant Sangoulé LAMIZANA. Les années Lamizana :1966-1980 Elles durent près de seize ans sans discontinuer, mais ne sont pas homogènes sur les plans constitutionnel et politique. Plusieurs types de régimes se succèdent durant son règne ; correspondant à la périodisation suivante : • 1966-1970 : Gouvernement militaire provisoire • 1971-1974 : Ile République • 1974-1976 : Gouvernement de renouveau national • 1976-1978 : Gouvernement "de transition" et Gouvernement "d'union nationale" • 1978-1980 : Ille République Le Gouvernement militaire provisoire :1966-1970 La prise du pouvoir par le commandant Lamizana donne lieu à la formation d'un gouvernement militaire provisoire, émanation du Conseil Supérieur des Forces Armées. La Constitution est suspendue, l'Assemblée Nationale et les Conseils Municipaux dissout, les partis politiques interdits. La première tâche à laquelle s'attelle le nouveau gouvernement est l'assainissement des finances publiques et le redressement de la situation économique. Les mesures d'austérité préconisées auparavant sont appliquées avec beaucoup de rigueur, mais acceptées par les fonctionnaires bien qu'ils perdent un demi-mois de leur revenu annuel. Le train de vie gouvernemental et celui de l'Administration sont réduits à leur strict minimum. Finalement, le déficit budgétaire est résorbé en 1969. L'Etat renforce sa participation dans plusieurs secteurs économiques, culturels et sociaux tels l'électricité, l'eau, le cinéma, les banques, les assurances etc. Le pays est doté d'une nouvelle Constitution qui associe les civils à l'exercice du pouvoir et octroie le tiers des postes ministériels et celui de Chef de l'Etat à des militaires. Il est prévu que ceux-ci doivent rejoindre les casernes à l'issue d'une période transitoire de quatre années, c'est-à-dire en 1970. La Ile République :1971-1974 Trois partis dominent alors le paysage politique voltaïque : le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), le Parti du Regroupement Africain (PRA) et le Mouvement de Libération Nationale (MNL). Les élections de décembre l970 sont remportées par le RDA. Son président, Gérard Kango Ouédraogo, est appelé à former le gouvernement et son secrétaire général, Joseph Ouédraogo, est nommé à la présidence de l'Assemblée Nationale. Le PRA intègre l'équipe gouvernemental avec deux ministres. Engagés dans la course à la magistrature suprême, prévue en 1975, les deux leaders du RDA ne s'entendent pas. Une crise s'installe à laquelle l'armée met fin en reprenant le pouvoir en février 1974. Le Gouvernement de renouveau national :1974-1976 Dès sa création il est confronté à de nombreuses difficultés : la sécheresse, les effets du premier choc pétrolier, le conflit frontalier avec le Mali. Sur le plan politique ce nouveau gouvernement crée un Conseil Consultatif National pour le Renouveau (CCNR) et institue le Mouvement National pour le Renouveau (MNR) auquel les syndicats s'opposent en réclamant le retour à une vie constitutionnelle normale. Devant la fronde grossissante, le président Lamizana dissous le Gouvernement de renouveau national et constitue un cabinet de transition, lui-même bientôt remplacé par une équipe gouvernementale dite d'union nationale. Les gouvernements "de transition" et "d'union nationale" :1976-1978 Bien que composée de différentes sensibilités politiques du pays dont des représentants de la chefferie traditionnelle, le gouvernement "de transition" dure moins d'une année. Son règne est marqué par la création d'une Commission spéciale chargée d'élaborer un avant-projet de Constitution. Pour l'essentiel, celui-ci propose : la limitation des partis politiques à trois, selon leurs scores aux élections à venir, et la formation d'un gouvernement d'union nationale qui aurait pour mission de mettre en place les nouvelles institutions prévues. Ce gouvernement est installé en 1977 et, la même année, la Constitution est approuvée par référendum. La IIIe République : 1978-1980 A la suite des élections législatives d'avril 1978, trois partis viennent en tête : l'UDV-RDA, l'UNDD et l'UPV. Aux présidentielles, en mai de la même année, le président Sangoulé Lamizana , alors général , devient enfin le président de la République démocratiquement élu, après avoir été mis en ballotage. Avec une courte majorité, Gérard Kango Ouedraogo est élu à la tête de l'Assemblée Nationale et Joseph Conombo investi au poste de Premier Ministre. Issu d'une majorité contestée, le régime fut très tôt confronté à diverses difficultés dont les plus déterminantes sont les luttes syndicales. C'est à l'issue de celles-ci, notamment la grève de cinquante six jours du Syndicat National des Enseignants Africains de Haute-Volta (SNEAHV), qu'un coup d'Etat porte au pouvoir le Comité Militaire pour le Redressement National (CMRPN). Le Comité Militaire de Redressement pour le Progrès National : 1980-1982 Colonel Saye Zerbo La reprise du pouvoir par les militaires suscite l'enthousiasme des nombreux mécontents de la IIIe République. Le colonel Saye Zerbo, ancien ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de transition, est porté à la tête du CMRPN. Il s'engage résolument dans une politique tournée vers les campagnes, avec un certain succès au départ, et il tente une moralisation de la vie publique. Mais la popularité du régime s'émousse très vite, surtout à cause des restrictions du droit de grève et des mesures tendant à limiter l'émigration. Au sein de l'armée, un conflit larvée naît entre les colonels et les capitaines, dont certains font pour la première fois leur apparition sur la scène politique, tel le capitaine Thomas Sankara, nommé secrétaire d'Etat à l'information. Avec sa démission fracassante cinq mois plus tard, la crise devient ouverte. Le dénouement survint en novembre 1982, par un coup d'Etat qui porte les jeunes officiers au pouvoir. C'est l'avènement du Conseil du Salut du Peuple (CSP). Le Conseil du Salut du Peuple (CSP) ou la phase transitoire vers les bouleversements politiques (1982-1983) C'est l'une des périodes les plus agitées de l'histoire du Burkina Faso. Assaillis par divers courants politiques, les jeunes militaires hésitent entre le retour à une vie constitutionnelle normale et le basculement du pays dans la voie progressiste. Le premier camp est représenté par le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, porté à la tête de l'Etat et soutenu par une frange importante de la haute hiérarchie militaire et le second par Thomas Sankara, son Premier ministre, qui bénéficie du soutien des jeunes officiers et de l'appui des organisations civiles marxisantes. C'est l'une des périodes les plus agitées de l'histoire du Burkina Faso. Assaillis par divers courants politiques, les jeunes militaires hésitent entre le retour à une vie constitutionnelle normale et le basculement du pays dans la voie progressiste. Le premier camp est représenté par le commandant Jean-Baptiste Ouédraogo, porté à la tête de l'Etat et soutenu par une frange importante de la haute hiérarchie militaire et le second par Thomas Sankara, son Premier ministre, qui bénéficie du soutien des jeunes officiers et de l'appui des organisations civiles marxisantes. Le Médecin Commandant Jean Baptiste Ouédraogo La crise s'amplifie avec l'arrestation du capitaine Thomas Sankara et de ses compagnons. Les jeunes de Ouagadougou , la capitale envahissent les rues pour réclamer leur libération. Pour contrer la popularité du camp des jeunes officiers, celui des modérés organise une contre-manifestation et libère tous les prisonniers politiques incarcérés depuis l'époque du CMRPN, dont Sankara et ses amis. Mais il est trop tard : l'Etat est fragilisé et l'armée divisé. Le 4 août 1983, les militaires du Centre d'entraînement commando(CNEC) de Pô, au sud du pays, sous la conduite du capitaine Blaise Compaoré, prennent d'assaut Ouagadougou. Le Conseil National de la Révolution (CNR) est alors proclamé. Le conseil national de la révolution (CNR) :1983-1987 Le CNR opte pour un régime de type progressiste. Composé d'une centaine de membres plus ou moins anonymes, il a à sa tête quatre leaders, aussi appelés "chefs historiques de la Révolution" : le capitaine Thomas Sankara, le capitaine Blaise Compaoré, le commandant Jean-Baptiste Lingani et le capitaine Henri Zongo. Plusieurs partis d'obédience communiste soutiennent le régime, dont les Comités de Défense de la Révolution (CDR) constituent l'ossature organisationnelle à tous les échelons de la vie publique Feu Capitaine Thomas Sankara De profondes transformations sont entreprises. Ainsi, l'organisation administrative et territoriale change avec le découpage du pays en dix provinces, la création des secteurs urbains en lieu et place des quartiers traditionnels, la nationalisation du sol et du sous-sol, etc. La Haute-Volta devient le Burkina Faso et les voltaïques, les burkinabé. C'est une période où, de gré ou de force, les populations consentent de nombreux sacrifices : réduction des salaires, restrictions des libertés syndicales, travaux d'intérêt collectifs, etc. En revanche, le plan populaire de développement (PPD), exécuté de façon volontariste, permet d'accroître le taux de scolarisation, de bâtir des logements sociaux, de promouvoir la vaccination à grande échelle, de construire des retenues d'eau et des forages . Sur le plan international le Burkina Faso est mieux connu qu'auparavant, admiré par les progressistes qui en font un exemple. Le charisme de son président dépasse largement les frontières du pays. Cependant, à l'intérieur, des fissures apparaissent dans la cohésion du pouvoir. Les burkinabé, qui ont connu durant de nombreuses années des espaces de liberté quelle que soit la nature des régimes, sont de plus en plus exaspérés par celui du CNR. Sont particulièrement mal supportés les exécutions sommaires, les "dégagements" de fonctionnaires, les exactions diverses de certains membres des CDR. Les organisations qui soutiennent le régime s'opposent dans des querelles interminables. Les contestations touchent l'armée. La confiance ne règne plus au sommet du pouvoir. Le dénouement est tragique : le président du CNR trouve la mort au cours d'une fusillade sanglante le 15 octobre 1987. Le Front Populaire et la marche vers la démocratie :1987-1991 Dirigé par le capitaine Blaise Compaoré, le Front Populaire prône la rectification de la Révolution. Le nouveau pouvoir entreprend de décrisper l'atmosphère sociale : libération des prisonniers politiques, dialogue avec les différentes forces sociales, réparations des torts causés pour des motifs syndicaux, politiques ou autres, réhabilitation de la chefferie traditionnelle, etc. Cette nouvelle politique exige des adaptions, notamment au niveau des structures émanant du CNR. Ainsi, les CDR sont-ils dissous et remplacés par les Comités de la Révolution (CR), éphémères elles-mêmes. Persuadé que la mise en place d'un véritable Etat de droit constitue le seul rempart aux errements du passé, le Président du Faso, Blaise Compaoré, fait part, dans son discours à la Nation le 31 décembre 1989, de son intention de doter le pays d'une Constitution. Cette intention est réaffirmée au premier Congrès ordinaire du Front Populaire en mars 1990 et deux mois plus tard, en mai, une Commission Constitutionnelle est installée. Elle élabore un avant-projet qui est soumis à l'examen des Assises nationales convoquées à cet effet en décembre 1990. L'année 1991 est une étape essentielle dans cette marche vers un Etat de droit. En janvier, le Président du Faso autorise la création des partis politiques. Une vingtaine est aussitôt reconnue. Quelques mois plus tard, le 2 juin, un référendum permet l'adoption de la nouvelle constitution qui est promulguée le 11 juin. Les fondements de la IVe République sont alors posés. Les grandes dates (des origines à 1960) [Origines][De 1806 à 1898][De 1900 à 1960] Entre 12 000 et 5 000 BP Traces de cultures matérielles les plus anciennes connues sur le territoire de l’actuel Burkina Faso, découvertes sur le site du RIM au Nord-Ouest. Outils composés de racloirs, grattoirs, pointes et burins. Leurs propriétaires seraient des chasseurs cueilleurs. Entre 6 000 et 4 000 BP Grattoirs, racloirs, percuteurs attestent d’une occupation ancienne sur le site de Sindou (Sud-Ouest du Burkina Faso). Entre 3 600 et 2 600 BP Premières traces de domestication de l’agriculture et de sédentarisation connues découvertes sur le site du RIM. Il s’agirait des hommes du néolithique. Des poteries complètent ces matériels. Entre 1 900 et 1 375 BP Pointes de flèches, haches herminettes polies sur le site de la mare d’Oursi, attestent d’une occupation ancienne de la région Nord du Burkina actuel. Entre 1 500 et 1 000 BP Temoignages datés de préoccupations spirituelles. Restes d’inhumation associés à des objets de pierres polies. Existence d’objets en fer et de la céramique (site du RIM). Jusqu’au XVè et XVIè siècle Peuples anciennement installés et organisé en système social : • Ouest : Bobo, Bwaba, Sénoufo, Wara, Natioro etc… • Nord, Est, Centre : Dogon, Mirsi, Yonyoosé, Kurumba, Tindamba, Woba • Centre, Ouest et Sud : " Gurunsi, Bissa ", • Nord-Ouest : Sana Du XVIè au XVIIIè siècle • Grandes vagues de migrations et de structuration d’Etats précoloniaux. Moosé/ou Mossi du Dagomba arrivés d’après les traditions orales au XIIIè siècle mais XVè siècle pour les historiens • Gulmanceba/ou Gourmantché (Burcimba, Fulsé, Yarcé, Marka, Bobo-Dyula ou Zara, Dyula Du XVIIIè au XIXè siècle • Arrivé des gens du rameau Lobi, Goin, Turka Fin XIXè siècle • Sociétés à organisations hiérarchisées dominantes par le nombre de la population. Au centre et au Nord Est : royaumes moosé • A l’Est, royaumes gulmanceba, au Nord (chefferies peuls) sociétés à organisation sociale non centralisée surtout au Sud-Ouest (Lobi, Dagara, Birifor etc…) et à l’Ouest (bobo, bwaba, samo, toussian, Sénoufou etc…) 1806 L’Ecossais Mango Park longe la région de Say et Dori 1853 L’Allemand Parth visite le nord (région de Say) 1886 L’allemand Krauss atteint Ouagadougou 1888 Le Français Binger traverse les pays de l’actuel Burkina : il est accueilli par Guimbi Ouattara le 17 avril à Bobo-Dioulasso 1890 Le Français Monteil traverse les pays du Burkina actuel. En 1891, le Naba Wobgo refuse son traité de protectorat 1894 L’Anglais Ferguson reconnaît le pays mossi, début des traités de protectorat avec le mossi 1er juillet 1894. 1895 Decoaur visite la région de Fada. Protectorat du Yatenga le 18 Mai avec Naba Bulli. 16 Juin 1895 : création du gouvernement général de l’AOF (Afrique Occidentale Française) 1er septembre 1896 :la colonne Voulet et Chanoine réalise la conquête de Ouagadougou, Naba Wobgo s’exile en Gold Coast 1898 la majeure partie de la zone de l’actuelle Burkina est conquise à l’exception de la zone Lobi. Elle est intégrée dans la colonie du Soudan français. 1900 Les missionnaires catholiques fondent les premières missions à Koupéla et à Fada N’Gourma. 1901 Fondation de la mission catholique de Ouagadougou. 1904 Réorganisation du gouvernement fédéral qui est doté d’un budget autonome.Création de la colonie du Haut-Sénégal et Niger regroupant une large partie du Soudan et du Niger, l’ensemble de l’actuel Burkina y est intégré. 1915 – 1916 Grande révolte dans la boucle de la Volta Noire (actuel Mouhoun) ; 1er Mars 1919 Le Gouverneur général Angoulvand prend un décret portant création de la colonie de Haute-Volta. Nomination de François Charles Alexis Edouard HESLING comme premier gouverneur. La capitale est fixée à Ouagadougou. 4 décembre 1926 Arrêtés portant sur la création des communes mixtes de premier degré de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. 1927 La région de Say est détachée de la Haute-Volta et rattachée au Niger. 1930 – 1931 Grande famine, sécheresse. 11 avril 1932 Lettre de protectorat du Moro Naba Kom II au député Blaise Diagne à propos de la suppression éventuelle de la colonie. 5 septembre 1932 Suppression de la colonie de Haute-Volta et partage entre la Côte-d’Ivoire, le Soudan, le Niger. 1934 Arrivée du chemin de fer à Bobo-Dioulasso 1er Janvier 1936 Ouagadougou est dépouillé de son statut de commune mixte. 13 juillet 1937 Décret portant création de la région administrative de Haute-Côte d’ivoire regroupant les anciens cercles de Haute-Volta rattachés à la Côte-d’Ivoire : Bobo-Dioulasso, Gaoua, Koudougou, Tenkodogo, Kaya, Ouagadougou. Un résident supérieur siégant à Ouagadougou représente le gouverneur de Côte-d'Ivoire. 12 mars 1942 Mort du moro Naba Kom II, son fils Naba Saga II lui succède. Janvier 1944 Conférence de Brazaville où l’autorité coloniale décide d’associer de façon limitée les africains dans la gestion des colonies. 1945 La campagne pour la reconstitution de la haute-Volta prend un tournant avec la création de l’UDIHV (Union pour la Défense des Intérêts de la Haute-Volta). Naba Saaga II et quelques intellectuels animent le mouvement. Le 18 novembre : Election de la 1ère Constituante française ; Houphouet Boigny, médecin remporte le scrutin . Il est le député de la Côte-d’Ivoire qui inclut la Haute-Côte d’Ivoire (actuel Burkina Faso). 1946 Création du FIDES (Fonds d’Investissement pour le développement économique et social) qui avait pour but de financer la modernisation des colonies. 11 avril : Loi, Houphouet Boigny sur la suppression du travail forcé. 2 juin 1946 : Réélection de Houphouet Boigny à la deuxième Assemblée constituante. 18 octobre : création du RDA (Rassemblement démocratique africain à Bamako, Houphouet est le Président. 10 novembre : Houphouet Boigny, Ouézzin COULIBALY, Philippe Zinda Kaboré sont élus députés de la Côte-d’ivoire à l’Assemblée Nationale Française. 1947 Le 24 mai Philippe Zinda Kaboré décède à Abidjan. Le 4 septembre, vote de la loi portant reconstitution de la Haute-Volta ,dans ses limites de 1932. 1948 Le 27 juin, élection des trois voltaïques à l’Assemblée Nationale Française. Ils sont élus sur la liste de l’Union Voltaïque qui s’opposait à la liste RDA. Candidat élus : Guissou Henri, Ouédraogo Mamadou, Nazi Boni. 1949 Création du FERDES (Fonds d’Equipement Rural pour le Développement Economique et Social), fonds plus modeste que le FIDES chargé des petites réalisations dans les villages avec souvent la participation des populations. 1950 Désaffiliation du RDA avec le Parti Communiste Français. Janvier 1950 création du SIAMO (syndicat interprofessionnel pour l’acheminement de la main-d’œuvre, sa direction régionale est fixée à Bobo-Dioulasso. 1954 Par le décret du 27/02/54, Ouagadougou et Bobo-Dioulasso deviennent des communes mixtes de 3ème degré. Les citoyens peuvent élirent les conseillers municipaux, mais à la tête se trouve un administrateur maire. Arrivé du chemin de fer à Ouagadougou en Décembre. Le Docteur Conombo est nommé Secrétaire d’Etat dans le gouvernement de Pierre Mendes-France. 1955 La loi du 18 novembre permet aux villes de Ouagadougou et de Bobo d’accéder au statut de commune de plein exercice. 1956 Le 23 juin, vote de la loi cadre ou loi Gaston DEFERRE qui consacre la semi-autonomie aux territoires outre-mer. 18 novembre, en application de la loi du 18 novembre 1955, la Haute-Volta à ses premiers maires élus : Joseph OUEDRAOGO à Ouagadougou, et Djibril Vinama à Bobo-Dioulasso. 1957 Le 31 mars en application de la loi cadre, élection à l’Assemblée Territoriale : la fusion RDA, PSEMA (parti Social pour l’Education des Masses Africaines) du Dr. Conombo remporte 37 sièges sur 70. Le 17 Mai formation du premier conseil de gouvernement de la loi cadre : Ouezzin Coulibaly assure la Vice-Présidence du Conseil. 12 novembre, mort du Mogho Naba Saaga II, Naba kougri lui succède. Décembre 1957, radicalisation de l’opposition à Ouezzin Coulibaly avec la formation d’un groupe parlementaire qui porte à la tête de l’Assemblée territoriale Nazi Boni. Crise gouvernementale par le vote d’une motion de censure contre le gouvernement de Ouezzin Coulibaly. 1958 Le 22 janvier, déblocage de la crise grâce à Maurice Yaméogo élu MDV de Koudougou qui rallie le RDA et lui donne une majorité confortable. Le 7 septembre, Ouezzin Coulibaly meurt à Paris. Maurice Yaméogo, Ministre de l’Intérieur est son successeur désigné dans la hiérarchie du gouvernement. 28 septembre, par réferendum la Haute-Volta approuve à 99% des votants la constitution de la Vè République Française proposée par le Général de Gaulle. Le 17 octobre, le Moro Naba Kougri échoue dans sa tentative pour instaurer une monarchie constitutionnelle. Le 20 octobre, Maurice Yaméogo devient président du conseil en remplacement de Ouezzin Coulibaly. 11 décembre, la Haute-Volta devient une République membre de la communauté franco-Africaine et Maurice Yaméogo devient le premier résident de la République de Haute-Volta. 1959 Le 28 janvier, la Haute-Volta adhère officiellement à la Fédération du Mali, l’Assemblée Voltaïque approuve la constitution de la Fédération du Mali. Le 15 mars, la Haute-Volta se retire de la Fédération du Mali qui regroupe désormais le Sénégal et le Soudan (actuel Mali). Le 29 Mai, la Haute-Volta adhère au Conseil de l’Entente qui comprend la Côte-d’Ivoire, le Niger, le Dahomey. 29 Août 1959, dissolution du conseil municipal de la ville de Ouagadougou ; il est remplacé par une délégation spéciale. Décembre 1959 : lors du vote du budget de 1960, le conseil du gouvernement en accord avec l’Assemblée législative décide de mener une politique d’austérité budgétaire à partir du 1er janvier 1960, jusqu’à ce que la situation financière ne l’exige plus. 1960 Le 17 juillet, la Haute-Volta et les autres Etats du Conseil de l’Entente demandent et optiennent le transfert des compétences. Le 05 Août, proclamation de l’indépendance de la Haute-Volta. Le 20 septembre, la Haute-Volta est membre de l’ONU. 1961 Le 8 juin, décision de suppression des barrières douanières entre la Haute - Volta et la Ghana. 1962 Le 12 mai, Constitution de l'UEMOA L’Histoire DU BURKINA FASO La préhistoire et ses prolongements dans les temps historiques Présentation Plusieurs découvertes de preuves de culture matérielle ont été faites à travers le pays, mais elles ne sont pas toutes datées avec précisions, et les prospections sont encore très limitées à travers le territoire. Il y a 12 000 à 5 000 ans BP, vivaient des chasseurs cueilleurs au Nord Ouest du Burkina Faso ; des outils très anciens composés de racloirs, de grattoirs, de pointes et de burins, découverts en 1973 par A. BASSEY sur le site du RIM, attestent de cette existence assez reculée. Vers 3 600 et 2 600 BP, les ancêtres connus des burkinabè se sédentarisent. Il s’agirait des hommes du néolithique qui commencent à pratiquer l’agriculture. Des traces de construction sur le sol suggère une implantation plus ou moins longue. Entre 1 500 et 1 000 BP, les ancêtres connus des burkinbè amorcent leur révolution spirituelle et technologique : des témoignages de préoccupations spirituelles apparaissent à travers des restes d’inhumations auxquelles sont associés des objets en pierre polie. Ces hommes utilisaient des objets en fer et de la céramique en guise d’ustensil. D’autres régions du Burkina Faso ont livré des traces de cultures humaines : site de Sindou au sud-ouest et de la mare d’Oursi dans le nord. Au tout début du premier millénaire s’amorce la phase de transition vers le temps historiques, où l’on situe les peuples actuels du pays. Dans la région du centre-nord du nord et du nord-ouest de nombreux vestiges découvertes sont attribués aux Dogons qui ont quitté la région entre le XV et XVI siècle de notre ère pour se regrouper dans les falaises de Bandiagara où ils constituent une communauté très connue des historiens. Des restes de murailles sont localisées dans le Sud-Ouest du Burkina (Loropéni, Gaoua) et en Côte d'Ivoire. Depuis le début du siècle, des spéculations sont faites autour des éventuels propriétaires de ruines qui furent identifiés tour à tour comme étant des population étrangères au continent : arabes, Phéniciens, Egyptiens, Hollandais, Portugais ; ensuite aux koulango qui ont précédés les Gan et les Lobi-Dagara, dans la région. Les dernières hypothèses attribuent aux Lobi, la paternité des ruines. Mais les techniques utilisées et les datations n’autorisent pas des conclusions définitives. Métallurgie ancienne du fer. Kiene, dans la région de Bobo Dioulasso, à l'Ouest du Burkina Faso. Fourneau (photo Laboratoire d'Archéologie. J B Kiethéga) Métallurgie ancienne du fer. Haut fourneau Kain au Nord du Yatenga Jarre d'inhumation dans la région de Gandafabou , département de Déou dans l'Oudalan.Xe au XIIe siècle Haches Polies de la région de Gandafabou, département de Déou dans l'Oudalan Au nord région qui s'étend du sud d'Arbinda avec le Mali et le Niger actuels. Traces d'occupation datée du Paléolithique Moyen. Figure un Contenu à Dos abattu sans cortex et entièrement retouché Il dégage en sa partie proximale un pédoncule de préhension d'emmanchement Sud-Est du Burkina Yobri Lamelle retouchée (industrie Lithique) Région jadis habitée par les Tankamba.Aujourd'hui établie au nord du BENIN Région sud-Ouest et ouest du Burkina (Kwé Kwé Ra) Pointe de Kwé Kwé Ra non datée L’histoire précoloniale [La période des anciens] [La phase d’émergence de systèmes sociaux à formations politiques étatiques] La période des anciens Cette période est historiquement nébuleuse, parce que les données connues sont parcellaires et rares, et aussi parcequ'elles n’ont pas fait l’objet de preuves écrites contemporaines. Elle s’étale de la fin de la préhistoire jusqu’au XIIè siècle. Mais, c’est pendant cette période que se sont développées les cultures matérielles, preuves d’une civilisation élaborée que l’on attribue à des groupes qualifiés d’anciens à cause de leur fixation très ancienne par rapport aux peuples actuels. De plus, l’examen pointu des traditions orales permettent de distinguer, selon l’antériorité de la fixation, des peuples qui se sont établis avant le XIIè siècle. Il s’agit de sédentaires et de pasteurs qui étaient organisés en système sociaux autonomes. Leur tradition ne leur reconnaît pas la création de grands ensembles, mais leur attribue des origines et/ou suggère parfois leur provenance. Selon la répartition géographique on trouve : • A l’Ouest, les Bobos qui seraient arrivés par vagues successives entre le X et le XII siècle. Leurs foyers originels se situeraient aux confins du Mali actuel et / ou de la Guinée actuelle. Ils sont apparentés aux Bwaba, souvent par les patronimes et partagent aussi parfois les mêmes traditions orales. • Plus à l’Ouest, il y a les Sénoufos que l’on trouve de part et d’autres, dans les régions du Mali et de la Côté d’Ivoire actuelle. • Au centre : il y a des peuplements très anciens constitués de Nonyoosé ou Nioniossé, les Ninsi qui très tôt ont perdu leur véritable autonomie d’organisation; Ils seraient apparentés aux Samo. Des groupes sociaux ont gardé leur autonomie d’organisation jusqu’à la veille de la colonisation : • Il s'agit des différentes composantes sociales appelées Gourounsi. On les trouve également au Centre Ouest et au Sud : Lyélà, Ko, Kassena, Nakana, Puguli, Kussace, Nuna, Sissala. Ces deux dernières composantes sont beaucoup plus représentées au Ghana actuel. • Au Centre–Est et au Sud se trouve les Bissa ou Boussancé d'origine mandé. • Au Nord-Ouest : les Dogons qui constituaient un des peuples les plus anciennement connus. Ce peuple a fait l’objet et d’une forte migration à partir du XII siècle et se sont réfugiés, en grandes parties dans les falaises de Bandiagara (Mali actuel). Dans cette région, on distingue également les Kurumba comme ancien peuplement. Ces groupes se distinguaient par des langues spécifiques ; leurs rapports avec les divinités de la nature étaient très vivaces. Nombre d’entre eux avaient un esprit très indépendant. Ils ne vivaient pas totalement en autarcie, leurs territoires étaient traversés par des routes commerciales qui mettaient les populations en relation. Certaines ont créé des relations de parentée à plaisanterie connue chez les Gourounssi et les Bissa. Des échanges basés notamment sur les animaux, les céréales, l’or, les épices et les étoffes étaient pratiqués. La phase d’émergence de systèmes sociaux à formation politiques étatique Elle s'étale du XII au XVIIè siècle. Ce fut une période de grandes migrations, et surtout de bouleversement politiques sur lesquels se fondent les traditions majeures actuelles. Les Moosé ou Mossi Nous avons des traces écrites sur l’histoire des moosé grâce aux sources Arabes : Ta'rikh-al sûdãn et Ta’rîh-al fattãsh. Ils nous renseignent sur des groupes mosse qui au XIIIè siècle ne s’étaient pas encore fixé sur le territoire actuel du Burkina Faso, et par conséquence, il ne s’agissait pas encore des formations étatiques actuels. Mais ces phases furent décisives dans la formation des royaumes moosé à cause de la nature guerrière et conquérante des moosé décrits dans les ta’rik. Certaines traditions font remonter l’histoire des entités moosé actuelles au XIIè siècle, mais les travaux des historiens situent cette histoire au XVè siècle. Entre le XV è et le XVIIè siècle les conquérants moosé dont la dernière origine connue se situe dans l’actuel Ghana, créérent des royaumes solides et historiquement établis. OUEDRAOGO (qui veut dire Etalon), fils de Yennega constitue un symbole et toute l’histoire de la génèse des royaume mossi actuel. Cet ancêtre des moosé serait le fruit de l’alliance entre Yennega, la princesse guerrière du Dagomba et de Rialé un prince d’origine mandé venu au secours de yennega dont le cheval s’était emballé. Le fruit de leur alliance donna Ouédraogo en témoignage de l’étalon qui avait conduit Yennega vers Rialé. OUEDRAOGO règna sur Tenkodogo, le plus ancien des royaumes établis au Burkina actuel. Zoungrana consolida ce royaume. Wubri, dans la lignée fut le plus grand conquérant: il constitua le royaume le plus central, Ouagadougou . Progressivement, les moosé occ

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Commentaires (6)

1. BOLOGO Souleymane 04/01/2011

Bien agencé, votre travail.

2. doschly 05/02/2011

l'histoire des royaumes kong et gwiriko : civilisation et évolution

3. yalapierre@yahoo.fr 17/04/2011

pour le memoire

4. bob st-pierre (site web) 10/12/2012

avec quels pays le burkina faso fait-il du commerce?

quels sont les étapes importantes de l'histoire du burkina faso?

merci de répondre a mes questions.

Bob St-Pierre

5. prince 01/02/2013

peu ton vie sans connaitre son histoire ou pour quoi certaine personne renie leur origine

6. savadogo 20/06/2013

doc bien fait les info st impecable merci pour des infos.

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